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NICOLAS BELAYEW
Résidence internationale du Conseil des arts et des lettres du Québec – Échange entre le BPS22 – Musée d’art de la province de Hainaut (BE) et le centre Bang

© Nicolas Belayew
Où? Espace Michael Snow, 132 rue Racine Est, Chicoutimi
Quand? 15 juin au 15 septembre
Artiste(s) Nicolas Belayew

C’est à titre de partenaire d’accueil du programme d’échange de résidences internationales entre le Conseil des arts et des lettres du Québec et le BPS22 (Belgique) que le centre Bang est heureux d’accueillir l’artiste Nicolas Belayew, en résidence de ressourcement, à Chicoutimi au cours de l’été 2026.

© Nicolas Belayew

DESCRIPTION DE PROJET

Depuis son arrivée à Bang, Nicolas Belayew développe un ensemble de recherches visuelles qui articulent dessin et photographie, centrées sur les formes construites et accidentelles du territoire et sur les paysages en transition.

Son intention est d’arpenter le Saguenay-Lac-St-Jean pour y observer la façon dont l’humain l’habite et le transforme. La région porte la marque de l’industrie lourde — l’aluminium, l’hydroélectricité, les infrastructures qui en découlent. Ici, c’est la nature elle-même qui alimente cette puissance industrielle : l’eau des rivières, retenue par les barrages, devient l’électricité qui fait tourner les usines. Le territoire est aussi pensé pour la voiture ; s’y déplacer à vélo, comme il le fait depuis le début de son séjour, relève d’un paradoxe assumé : la lenteur qui en résulte, dans un espace conçu pour être traversé vite, amène à regarder autrement.

Cet arpentage a déjà produit un corpus photographique grandissant, et une première typologie d’enseignes commerciales est en cours. Le dessin a aussi commencé : dans la continuité d’une série amorcée en 2016 lors d’un précédent voyage au Canada, qui avait révélé des correspondances entre paysages industriels nord-américains et belges. Il prolonge ici son travail sur les structures, avec l’envie d’expérimenter un format plus grand et d’autres techniques que celles pratiquées jusqu’ici.

À l’issue de la résidence, l’artiste prévoit un moment de diffusion réunissant photographies et dessins. Une publication sera probablement au rendez-vous — l’édition restant une pratique profondément ancrée dans ses habitudes — mais la forme exacte de cette restitution reste à préciser au fil du séjour, en dialogue avec ce que le territoire continue de révéler.

© Nicolas Belayew

DÉMARCHE ARTISTIQUE

Nicolas Belayew s’intéresse aux détails de l’espace public : imperfections, végétation envahissante, architecture vernaculaire, enseignes, traces qui témoignent de la manière dont l’humain occupe et transforme son environnement. Installé à Charleroi, ville post-industrielle de Belgique, il porte une attention particulière aux friches et à la façon d’habiter un monde abîmé.

Il ne cherche pas l’image parfaite. Les fragments qu’il collecte au fil de ses déplacements — à pied ou à vélo, ses deux modes d’arpentage privilégiés — deviennent une matière première qu’il assemble et réorganise. Cette approche emprunte autant au ready-made qu’à la dérive situationniste. Certaines formes urbaines lui apparaissent comme des sculptures involontaires. Les figures humaines sont rares dans son travail ; leur présence se lit surtout à travers les marques laissées dans le paysage.

Le dessin occupe deux rôles distincts dans sa pratique. Dans son carnet, tenu au fil des jours, il relève d’un geste direct et instinctif. Il y inscrit une expérience ressentie — ce qu’un endroit traversé lui fait, plus que ce qu’il est. Travaillé en atelier, il devient la matière première d’une réinterprétation utopique. Des structures repérées dans le réel — pylônes, châteaux d’eau, architectures fonctionnelles — sont recomposées en constructions imaginaires.

Cette logique de détournement déborde parfois dans l’espace public, avec un humour qui fait office de geste salvateur. Avec le collectif La Carolopostale, il édite des cartes postales qui racontent Charleroi — une ville sans touristes — et installe sur un terril des lettres géantes inspirées du panneau d’Hollywood : Carollywood, à l’occasion de la Boucle Noire, une randonnée à travers les paysages post-industriels de la région.

Son regard photographique est nourri par les relevés typologiques de Bernd et Hilla Becher, attentifs aux architectures fonctionnelles et aux formes issues du paysage industriel. Cette filiation lui permet d’aborder les territoires abîmés non comme des vestiges figés, mais comme des lieux où se croisent usages, matières et traces humaines.

Son travail relie dessin, photographie argentique et pratiques d’édition. Il nourrit une réflexion sur la façon dont les images se fabriquent, se transforment et circulent.

Portrait de Nicolas Belayew – crédit photo Morgane Delfosse

BIOGRAPHIE

Nicolas Belayew est artiste visuel, graphiste, éditeur et enseignant belge, né en 1982 à Charleroi, où il vit et travaille. Formé à l’ERG (Bruxelles, licence en arts plastiques et de l’espace, 2006) et à l’UCL (licence en communication, 2004), il développe depuis vingt ans une pratique qui croise dessin, photographie argentique et techniques d’impression.

Il codirige Pierre Papier Studio, un atelier de graphisme actif auprès d’entreprises, d’associations et du secteur culturel. Imprimeur, auteur et éditeur depuis 2010, il anime les éditions Actes Nord avec Corinne Clarysse, pour lesquelles il publie ses propres livres ainsi que ceux d’autres artistes. Depuis 2019, il organise le festival d’images imprimées Papier Carbone (BPS22). Il a par ailleurs assuré le commissariat d’Un vivier d’images (2021–2024), un large projet d’intégration artistique réalisé pour le Grand Hôpital de Charleroi.

Pendant de nombreuses années, il a travaillé en duo avec Maud Dallemagne au sein du collectif Les Tontons Racleurs. Enseignant en sérigraphie à l’ESA Saint-Luc Bruxelles depuis 2011, il a également animé des workshops à LOCI Bruxelles et à la FH Joanneum (Graz). Il siège au conseil d’administration de la Galerie Les Drapiers (Liège).

Son travail a été montré notamment à Arts & Marges Musée (Bruxelles), à la Galerie Centrale (Liège) et au Centre de la Gravure (La Louvière). Il a réalisé plusieurs résidences, dont Engramme (Québec, 2013) et Stormkop (Anvers, 2020).

Pour plus d’informations sur son travail : nicolasbelayew.eu

MARILOU LEMMENS et RICHARD IBGHY
Soutien dans la durée
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Résidence Marilou Lemmens et Richard Ibghy 07 juillet au 12 septembre 2026

Dans le cadre du soutien dans la durée du centre Bang, Richard Ibghy et Marilou Lemmens débutent un projet de longue haleine explorant le potentiel de l'art à ouvrir des voies vers la conception d'habitats et d’aménagements du territoire pour les animaux non-humains. Cette première résidence les amènera à repenser les approches territoriales et architecturales tant urbaines que rurales, dans le but de réimaginer radicalement ce que peut être la cohabitation interespèces.

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Résidence de recherche-création

Résidence Chantale Boulianne, Magali Baribeau-Marchand et Geneviève B. Genest 25 juin au 30 août 2026

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