| Où? | Espace Virtuel - 37 rue Rhainds, Chicoutimi-Nord |
| Quand? | 18 novembre au 19 décembre |
| Vernissage / Lancement | Mercredi 18 novembre, 17h |
| Artiste(s) | Maude Vien |
Dans le cadre de sa maîtrise en art à l’Université du Québec à Chicoutimi, l’artiste Maude Vien présente son exposition Démantèlement. Le centre Bang est fier de soutenir la finissante dans cette importante étape de son cheminement académique. Dans ce projet, Maude Vien explore les traces laissées par l’exploitation forestière en région à partir de données numériques recueillies sur le terrain. Elle les retranscrit ensuite en œuvres sensibles et, elles aussi, numériques.
Végémétal © Maude Vien
DESCRIPTION DU PROJET
En novembre 2025, une scierie ferme ses portes, la neige fond et la végétation reprend lentement ses droits dans cette friche industrielle. Ce qui était de la machinerie et des matériaux voués à un roulement commercial sont à présent des débris qui s’entremêlent à la vie naissante. L’exposition Démantèlement nous invite à parcourir cette nouvelle matière modélisée et à aller à la rencontre de sa sensibilité et de sa matérialité désormais numériques. Elle nous appelle à repenser le lien qui nous unit au vivant et l’impact d’un modèle économique extractiviste sur nos écosystèmes. Prenant pour point de départ l’exploitation forestière en région, l’exposition explore de façon sensible les traces de cette industrie à travers sa matière même. L’artiste Maude Vien propose de nouveaux paysages numériques composés de données extraites sur le terrain et de ses artéfacts numériques.
Dans le triptyque Végémétal, l’artiste propose un environnement 3D modélisé à partir de matériaux photographiés et numérisés qui se trouvaient à l’intérieur et autour de la scierie. Dans l’œuvre Microbâche, l’artiste présente une vidéo de synthèse d’une bâche au vent qui se désarticule numériquement en nuage de points. Elle explore différents types de représentation du paysage, dont l’utilisation de banques de données LiDAR sur la hauteur de la canopée pour reconfigurer deux grands formats paysagers. Par l’observation d’un lent processus de régénération, l’exposition Démantèlement nous invite ainsi à renouer avec le territoire par une attention sensible à ce qui reste et ce qui repousse.
Microbâche © Maude Vien
DÉMARCHE ARTISTIQUE
Maude Vien s’intéresse à la manière dont le territoire est perçu, habité et transformé. Face aux bouleversements écologiques, elle cherche à réactiver nos affects à l’égard du vivant et propose un renversement de l’attention. Pour aborder cette question, sa pratique commence sur le terrain, dans des lieux marqués par une problématique environnementale. Elle y capture une matière porteuse de traces ou de sensibilité. Elle numérise et archive des données récoltées par la photographie et la numérisation. Cette cueillette d’artéfacts numériques permet à l’œuvre de demeurer connectée à son lieu d’origine.
De façon intuitive et itérative entre atelier et terrain, ces données sont traitées et modélisées. La matière est reconstituée, puis fragmentée ou mise en mouvement dans des vidéos de synthèse, des environnements numériques, des images génératives et des impressions 3D. Il en émerge une nouvelle représentation paysagère où la matière est porteuse de sa dimension critique. Dans l’espace d’exposition, ces formes numériques sont intégrées dans des installations de textile, de bois et d’estampes. Des dispositifs électroniques ou vidéos d’animation produisent des effets d’émulation du réel qui rattachent l’œuvre à son terrain d’origine. L’expérience est lente, fragmentaire et sensible.
Notre rapport à l’environnement est construit, subjectif et en constante redéfinition. Par cette démarche contextuelle et située, Maude Vien conçoit l’art comme un mode d’attention au monde qui traduit l’interconnexion entre humains et nature.
Canopée © Maude Vien
BIOGRAPHIE
Maude Vien est une artiste multidisciplinaire québécoise dont la pratique s’articule autour des arts numériques, de l’estampe et du design de mode. Elle poursuit une maîtrise en arts à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), après avoir obtenu un baccalauréat en arts visuels et médiatiques à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et une technique en design de mode au Campus Notre-Dame-de-Foy (CNDF). Un échange d’un an à l’École supérieure d’art d’Aix-en-Provence, en France, l’a amenée à approfondir son rapport au médium numérique.
Depuis 2013, elle participe à des résidences de création au Canada et présente son travail dans le cadre d’expositions collectives. Elle a également travaillé pendant dix ans dans le domaine du design de mode à Montréal avant d’entreprendre ses études de maîtrise en 2023. En 2026, elle reçoit le premier prix du concours international d’estampe numérique de Voix visuelle, à Ottawa, pour son travail sur la représentation tridimensionnelle.
Établie au Saguenay–Lac-Saint-Jean, elle est membre du collectif LAGORA, Laboratoire de gouvernances alternatives. En 2025, elle mène un projet de recherche sur la cartographie sensible comme outil de transition socio-écologique. Sa démarche porte sur le lien entre l’humain et le territoire et s’intéresse à notre sensibilité face aux transformations écologiques ainsi qu’aux manières de faire communauté avec le vivant.